Common use of Migrance Clause in Contracts

Migrance. La notion de migrance62 est une notion clef des théories postcoloniales.63 Au sein de ce champ d’études, la figure du migrant a reçu beaucoup d’attention64 parce qu’à travers 60 Moura, 1999, p. 151 61 ▇▇▇▇▇, 1999, p. 149; ▇▇▇▇▇▇▇▇ et ▇▇▇▇▇▇ proposent à ce propos une “décolonisation” du terme “francophone”, “emphasizing that ‘Francophone’ refers to all cultures where French is spoken, including, of course, France itself.” (▇▇▇▇▇▇▇▇ et ▇▇▇▇▇▇, 2003, p. 7) Dans le même esprit, les quarante-quatre auteurs signataires du « Manifeste pour une ‘littérature monde’ en français », paru dans le journal Le Monde le 16 mars 2007, estiment que la notion de francophonie, issue de l’ère coloniale, doit être remplacée par la reconnaissance d’une « littérature-monde », regroupant « les littératures de langue française de par le monde » : « le centre relégué au milieu d’autres centres, c’est à la formation d’une constellation que nous assistons, où la langue libérée de son pacte exclusif avec la nation, libre désormais de tout pouvoir autre que ceux de la poésie et de l’imaginaire, n’aura d’autres frontières que celles de l’esprit. » 62 La migrance est comprise comme un état de déplacement directement ou indirectement subi, et dont l’exil et la diaspora sont des formes spécifiques mais non exclusives. Voir, pour une discussion des problèmes de définitions, différences et recoupements des notions d’exil, de diaspora et de migrance, ▇▇▇▇▇, 2008 elle, en raison de la « diversité de ses affiliations, nationales, culturelles, linguistiques »65, on peut adresser des questions centrales pour le discours postcolonial : question de la construction identitaire, du déplacement – physique et métaphorique, en tant qu’aliénation –, remise en cause de la perspective coloniale en ce qui concerne les identités culturelles et même l’organisation du monde : [The migrant writer] reveals the « old » identities [as citizens of nations, blood members of ethnic groupings] as stories which are acted out in life but which are not unchangeable. (…) [He] also shows how they often smother and silence other competing stories. (…) Migrants become emblematic figures in postcolonial literary studies precisely because they represent a removal from « old » foundations and from previous « grounded » ways of thinking about identity.66 Selon cette perspective, la migrance – situation effective de nombres de ‘postcoloniaux’ contemporains – devient à la fois révélateur et métaphore d’un état universel de déplacement et de multiplicité. La condition migrante représente l’endroit privilégié d’où déconstruire l’identité moderne, entière et sure d’elle-même, mais également les discours nationalistes anticolonialistes d’inspiration marxiste. J’explicite d’abord, dans la section suivante, en quoi consiste le « discours migrant ». Je m’arrêterai ensuite sur les aspects les plus problématiques de ce discours. La visibilité de cette notion de migrance s’est accrue ces dernières années, en même temps qu’elle s’est insérée dans un discours sociopolitique spécifique : celui de la mondialisation et des flux d’immigration massifs vers les pays riches occidentaux. Depuis la fin des grands empires coloniaux européens, on est en effet passé d’un empire ‘writing back’ – répondant –, depuis les périphéries, à un ‘Autre’ installé et visible à l’intérieur du centre hégémonique, l’obligeant à revoir son positionnement et ses références identitaires. Les sociétés occidentales actuelles sont marquées par plusieurs décennies d’immigration à grande échelle, notamment d’immigrants venus des anciennes colonies et dont les enfants sont nés en Europe. Une ville comme Paris rassemble des immigrés de la première génération, qui ont eux-mêmes connu la colonisation, des Français issus de cette première génération d’immigrés, des nouveaux immigrés participant de ces flux migratoires qu’ont engendrés ce qu’il est convenu d’appeler la globalisation du monde: l’avènement du capitalisme mondial, entrainant à son tour la globalisation de la production et l’émergence des clivages économiques de par le monde, ainsi que le développement des moyens de transport et de communication. Les mouvements migratoires sont de toutes les époques, mais il est 63 ▇▇▇▇▇▇▇, 2005 ; ▇▇▇▇▇▇, 2006, pp. 199-244 ; ▇▇▇▇▇, 2004 ; ▇▇▇▇▇▇▇, 2006, p. 64 ; ▇▇▇▇▇▇▇▇▇ et Merolla, 2005 64 Du moins dans son courant « postructuraliste », le plus influent dans les études littéraires occidentales, et dont la tête de file est ▇▇▇▇▇▇.

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Sources: Doctoral Thesis, Doctoral Thesis